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 Vorpale Saga : Genèse (2/3)

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Vorpale
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MessageSujet: Vorpale Saga : Genèse (2/3)   Dim 13 Juil - 10:15

___Le soleil avait déjà entamé sa course descendante et Yalcin aurait bien voulu pouvoir enfin rentrer… Cette satanée chèvre refusait encore d'avancer, s'écartant et tirant la longe de ci, pour une touffe d'herbe pâle entre les rochers, de là pour une feuille d'acacia à un jeune arbrisseau. Yalcin tirait et ramenait sans cesse l'animal sur le chemin poussiéreux, mais il n'était qu'à peine plus fort qu'elle, du haut de ses 10 ans… Sa tunique blanche, qui contrastait avec sa peau mate, était moite, sale de la poussière ocre jaune qui s'y collait et il avait faim.
___Une dernière montée, une dernière descente et il serait enfin rentré, ramenant la chèvre fugueuse... Au sommet de la bute, il s'arrêta un instant… La vallée se découvrait à ses yeux, nimbée d'une lumière qu'on ne trouvait qu'ici : limpide et blanche, qui touchait de sa grâce chaque touffe d'herbe, chaque buisson, chaque pierre… et chaque chose y était transcendée, comme plus vrai qu'ailleurs. De là, en bas de la pente, Yalcin apercevait les bâtiments de la ferme familiale, blancs, aux toits plats ; les enclos à bestiaux, chèvres, moutons, vaches… et les vergers, plantés de dattiers, figuiers et d'orangers, répartis géométriquement entre les canaux d'irrigation. Et puis les jardins, d'agrément autant que potager où l'on faisait pousser les melons, les tomates, les aubergines… et les fleurs, bien sûr, jasmins blancs, crocus violacés à la langue safranés, hibiscus et bougainvilliers carmins, camélias et magnolias… et les roses multicolores qui étaient la fierté de la vallée, et qui entouraient les statues de Dwayna, Melandru et Balthazar, les dieux tutélaires du pays.
___D'autres fermes, bien sûr, de loin en loin, certaines qu'on devinait seulement, masquées par les irrégularités du terrain, et par les bosquets d'arbres ou d'arbustes : palmiers, cèdres, cactus… La route de l'est, qui allait jusqu'au désert, qui déambulait parmi les constructions humaines et qui remontait à l'ouest de la vallée, vers la Cité… En face de Yalcin, les montagnes qui dominaient sentencieusement la vallée. Majestueuses et escarpées, elles offraient le couvert d'une ombre protectrice aux heures les plus chaudes de la journée. Relativement aride, les arbres ne s'y accrochaient pas, sauf les acacias, plus âpres. Y affleurait la terre et les rocs jaune pâle que venaient contraster les herbes rares, d'un vert blanchâtre, et les cactus aux fleurs vives.
___A mi-hauteur des montagnes, la Cité Blanche, Arah la Grande, bénie des Dieux… Ceinte d'un rempart aux murs blanchis qui lui donnait son nom, la cité se dressait sur un promontoire que Balthazar aurait lui-même aplanit. La route y menait en ondoyant sur les pentes, à travers des jardins et des statues dédiées aux dieux, aux rois et aux héros. Elle traversait le faubourg et le caravansérail, puis menait à la porte de Dwayna, toute de sculptures délicates et aériennes, l'une des trois entrées principales, chacune dédiée à l'un des patrons de la ville. Au dessus du rempart, dominaient les toits blancs, les dômes d'or, les minarets orgueilleux, les tourelles élancées… et au fond, l'imposant palais qui fut, dit-on, la résidence des trois divinités. Immense structure à l'imposante magnificence, toute de marbre sculptée, à la coupole bombée en pointe, flanquée de quatre tours coiffées de dômes pointus et entourée d'une première enceinte carré, aux angles sertit de minces minarets blancs… Au-delà, de vastes jardins d'agrément, aux fontaines chantantes et aux bassins paresseux, divers bâtiments d'usage, à l'élégance princière, et enfin, le haut rempart du palais, percé d'une seule porte qui donnait sur l'esplanade des Rois…
___La chèvre tira Yalcin de sa rêverie d'une traction soudaine sur la corde. Un papillon mordoré l'agaçait cette fois… Le soleil commençait à jeter les ombres ténues des pics montagneux sur la Cité Blanche. Yalcin raffermit sa prise sur la longe et repartit en avant…

___Depuis combien de temps s'acharnent-ils ? Je ne sais pas… quelques minutes ? Des heures ?... Ils sont quatre autour de moi, de grands types sous des toges et des scapulaires miteux et grisâtres à l'odeur rance. Je ne vois pas leur visage, dissimulés sous les capuchons, mais je sens leur haleine fétide à faire vomir un chacal. Je vois leurs mains cadavériques et glaciales se munirent d'outils tranchant, qui me lacèrent et m'écorchent, qui m'arrachent la peau et dissèquent mes chairs, qui me calcinent par petits bouts avec des tiges de métal ardent, diffusant des fumées nauséabondes, qui coupent, tranchent, percent, arrachent, pincent… me transformant peu à peu en une seule et même plaie, au milieu de mes hurlements et mes râles…
___Gestes sûrs et précis, méticuleux, sans hâte, pas de mouvement inutile, pas la moindre émotion… ils sont les artistes et je suis la toile, rouge sang et noir ichor…
___Quelqu'un entre que je ne distingue pas à travers le voile rosâtre qui obscurcit ma vue… il se place derrière moi et enserre ma tête de ses deux mains… Je croyais avoir atteint la limite de la souffrance, mais quand ses mains commencent à irradier de façon malsaine d'une aura verdâtre, je réalise mon erreur… quelque chose brise et saccage l'intérieur de mon crâne, comme un fléau d'arme sur un ouvrage de cristal… j'ai l'impression d'une chute dans une fissure vers l'enfer, ballotté comme un fétu par des courants méphitiques, à m'écraser et rebondir sur les parois escarpées… je me brise et me brise encore, masse informe d'os rompus et de chairs sanguinolentes, qui s'abat mollement sur un sol aux cristaux obsidiens sur lesquels je m'empale et me répand comme une vase…
___Et là, au bout de mon voyage, je l'entend… c'est un chant, morbide, d'outre-tombe… une chorale de l'autre coté du Voile lancée de mille et mille gorges putrescentes, grave, caverneuse, lente, hypnotique et langoureuse… Un chant aux élans d'espoir trahis, d'amours trompés, de vengeances sanglantes, de suicides et de meurtres qui enveloppe l'âme de ses serres fantomatiques et ne la lâche plus. La litanie des âmes damnées, la pavane macabre des oubliés des dieux, le Chant des Morts…
___Et, comme un souvenir enfoui, je le reconnais… je l'ai toujours connu…
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MessageSujet: Re: Vorpale Saga : Genèse (2/3)   Dim 13 Juil - 14:11

Rhooo, ça s'arrête toujours quand on meurt d'envie de savoir la suite !!!!!

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